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| Des lunettes pour Django |
Django est un esclave. Il est libéré par le docteur Schultz, qui le fait devenir chasseur de primes. Django ne va alors avoir qu'une obsession : libérer sa chère et tendre, esclave dans une des plus grosses plantations du sud : Candyland.
Lorsque Quentin Tarantino s'attaque au western spaghetti, on a une pensée immédiate puis une moue faciale : "Tiens, y a que lui qui pourrait nous faire un film dans cette ambiance-là aujourd'hui", puis une moue dubitative signifiant "en même temps, vu ses derniers films, attendons le pire" (je posterai bientôt sur Inglorious que j'ai REVU pour m'expliquer de cette dernière phrase). Il engage pour ce projet son nouvel acteur fétiche : Christoph Waltz, avec Jamie Foxx, Leo DiCaprio, et Samuel L. Jackson... Et une apparition du vétéran Bruce Dern. C'est aussi le premier Tarantino sans sa monteuse et amie Sally Menke (décédée en 2010).
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| Un propriétaire terrien implacable ayant volé la pipe de Gandalf |
Trêve de fausse modestie : le western européen, ça me connaît quand même un peu. Je m'attendais donc au pire, puis j'ai entendu Tarantino déclarer : "aujourd'hui, on ne peut plus refaire un western spaghetti, ce n'est plus possible, on ne retrouvera jamais cet atmosphère". Merci Quentin de m'avoir rassuré, je suis allé en salle plus détendu. Je précise que je m'étais globalement coupé de la promo du film et de son dossier de presse afin d'éviter les "attentes" en cours de vision qui font sortir du film en pensant "ah oui, j'avais lu qu'il emploierait la musique de..." Avouons d'ailleurs que le plaisir du cinéphile est avant tout de réentendre ces bonnes vieilles musique de Luis Bacalov qui sont aujourd'hui totalement oubliées mais qui devraient figurer au panthéon des BO de cinéma. Le titre clôturant le film est aussi celui de On l'appelle Trinita (1970), titre signé Franco Micalizzi. On entend aussi du Johnny Cash, si je ne m'abuse.
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| Le cheval peinant dans la neige : hommage au "Grand silence" de Corbucci |
Les caractéristiques typiques d'un spaghetti sont là : le propriétaire terrien cruel capable de faire dévorer un homme par ses chiens sans sourciller, une femme qui ne sert à rien (ici la sœur du propriétaire) qui est expédiée par Tarantino avec une rapidité proportionnelle à son intérêt pour l'histoire, le sang (ici un poil trop, même pour un spaghetti), des scènes de fouet, une pendaison, des types expédiés ad patres en un clin d'œil, une carriole bizarre, du cynisme, de l'humour... On y croise même Franco Nero ! L'ajout principal de Tarantino à ces passages obligés du genre est le contexte de l'esclavage, absent de la majorité des westerns européens.
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| Franco Nero, qui fut le premier Django du cinéma |
Sur le jeu lui-même, Christoph Waltz en fait des TONNES en cabotinage pur jus digne des petits vieux des westerns de Hollywood. Le flinguage en plus. Du coup, dans la première moitié du film, Jamie Foxx est totalement éclipsé par le numéro de l'Autrichien (déjà récompensé par un Golden globe). Django prend sa revanche dans la seconde moitié, et c'est finalement à partir de là que ça dézingue à tout va. DiCaprio est parfait en riche propriétaire sûr de son bon droit sur ses terres, et légèrement psychopathe, pour peu qu'on s'attarde chez lui.
Côté réalisation malheureusement, le côté jubilatoire du film (la violence décomplexée sur une musique extra et un humour ravageur) ne doivent pas occulter la faiblesse de Tarantino lorsqu'il filme les grands espaces. Et pour un western, c'est dommage. La scène la plus flagrante étant celle où le réalisateur apparaît, comme apparaît sa propre faiblesse : nous sommes dans de magnifiques champs dorés vallonnés et tout ce que Tarantino nous montre, ce sont les gueules des personnages en gros plans. Et hormis les scènes extérieures de pure obligation (les chevauchées, chiadées, qui montrent que les personnages se déplacent à travers le pays), on est le plus souvent en intérieur, où là, le talent du réalisateur pour les personnages et leurs dialogues font merveille. Entre ces huis-clôts brillants où la mise en scène est parfaite et les acteurs à leur meilleur, on déplore un manque d'intérêt pour les paysages, pourtant partie intégrante d'un bon western.
Ne boudons malgré tout pas notre plaisir, Django unchained réussit son pari : être un film jubilatoire allant très loin dans le délire, et différent de la majorité des westerns européens dont il se revendique. C'est simplement autre chose. Un film qui aurait digéré le spaghetti pour le mettre à la sauce Tarantino. Les dialogues font mouche comme un pistolero trouant une pièce d'un dollar, et le ton est celui d'un Pulp fiction, le trash en moins. On ressort avec la banane, et les spectateurs s'y ruent. On ne peut pas leur donner entièrement tort.
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| Encore un Oscar ? Mais mein got qu'en ferais-je ? |
Source images : © Sony Pictures Releasing France via Allociné et westernmovies.fr








je pense que j'irai le voir prochainement
RépondreSupprimerBonjour Corentin-Sartana, assez d'accord sur les faiblesses du film que tu souligne, quoi qu'il y ait eu quelques plans d'extérieur pas mal fichus (dans la neige), mais trop peu, c'est vrai.
RépondreSupprimerPour le reste, étant plutôt un fidèle du réalisateur j'ai été globalement plus déçu et, donc pour la jubilation, passé la première moitié, ce n'était plus du tout cela.